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Juil 31

Éducation financière et gestion budgétaire

narrative-794978_640L’éducation financière, quesako (cf. « qu’est-ce que c’est ») ? La base, c’est la gestion budgétaire. Savoir gérer un budget précis et surtout ne pas dépasser celui-ci. Vous gagnez 1000€ par mois, apprenez à ne pas dépenser plus que cela. C’est aussi simple que cela.

Il est de plus en plus souvent question de surendettement, de fins de mois difficiles car dans le rouge, d’interdiction bancaire, … Sans vouloir généraliser et sans faire abstraction des « aléas de la vie » qui peuvent rendre difficile la situation de n’importe qui, il y a fort à parier que dans une grande majorité des cas les soucis financiers sont le résultat d’une (très) mauvaise éducation financière plutôt que d’impondérables.

Cette éducation financière s’acquière avec le temps, elle n’est pas inée. Elle peut être transmise par les parents, plutôt fourmis que cigale ou être issue de l’expérience / reflexion personnelle de chacun. Je dirais bien que cela pourrait être l’une des missions de l’éducation nationale, mais ne rêvons pas trop…

 

À titre personnel :

Mes parents ont toujours été raisonables. Je n’ai pas été élevé dans un cadre où la consommation était élevée en chantre de la vie moderne. Cela ne fait pas l’éducation financière, mais y participe grandement, puisque je n’ai pas était habitué à tout avoir à tout prix. Inversement, je n’ai jamais manqué de rien, ce qui aurait pu le pousser à compenser ce manque une fois adulte.

Pourtant, une situation particulière fût pour moi un tournant. Il y a quelques années, à la sortie d’une période quelques mois de chômage et de dépenses importantes (mise en couple, emménagement, …), je me suis retrouvé dans une situation assez délicate lorsque j’ai dû faire les fonds de tiroirs afin de m’acheter une paire de chaussures neuves pour débuter un nouvel emploi.

Rien de bien extraordinaire en soi, mais me dire que je n’étais même pas en mesure de mettre 30€ dans une bonne paire de chaussures fût pour moi un déclic (précisons que je déteste dépenser de l’argent que je n’ai pas, et donc que le découvert bancaire n’est pas du tout mon truc). Depuis ce jour là j’ai entrepris de gérer du mieux possible mon argent, et je pense pouvoir dire que je m’en tire plutôt bien désormais, même avec des revenus somme toute assez limités.

 

Voici donc quelques pistes afin de prendre en main de façon efficace votre budget :

1. Ne vivez pas au dessus de vos moyens et de besoins : Par cela j’entends qu’il faut savoir s’adapter à ses revenus. Ainsi une personne seule pourra se contenter d’un studio, alors qu’un couple avec un enfant devrait pouvoir s’en sortir avec un appartement comportant deux chambres. Bien sûr, la belle petite maison de 90 mètres carré avec trois chambres, jardin et baignoire fait rêver beaucoup de monde. Mais est-elle la solution optimale ? Ce n’est pas certain.

 

Lorsque je me suis mis en couple, nous avons commencé par habiter un studio de seulement 18 mètres carré. Cela a duré sept mois. Ensuite, nous avons déménagé pour un studio de 23 mètres carré. Ça reste petit, mais on voyait déjà la différence. Nous y sommes restés 9 mois. Lorsque notre situation financière nous l’a permis, nous sommes partie dans un appartement d’une cinquantaine de metres carré composé de deux chambres.

 

Dans la vie y faut y aller progressivement, commencer petit, et viser de plus en plus grand. Cela permet de faire des économies, de mettre un peu d’épargne de côté, et de pouvoir avancer lorsque l’occasion se profile à l’horizon.

Je fais ici référence au logement, mais il en est de même pour l’ensemble des autres domaines de la vie. Le tout dernier smartphone à la mode vendu 700€ passera-t-il de meilleurs appels / sms qu’un autre à 100€ ? Un monospace est-il vraiment indispensable sans enfants ?

 

2. Respectez scrupuleusement votre budget :

Il n’y a pas pire gestion que celle consistant à dépenser plus que ce que vous percevez, en particulier lorsque cette situation résulte de « négligences » de votre part. Vous avez tant de revenus, vous ne pouvez en aucun cas en dépenser / utiliser plus. Si vous parvenez à appliquer ce point, vous aurez fait un énorme pas en avant de votre éducation financière.

 

Je me suis mis en place un tableur excel relativement précis, lequel me permet de classer mes dépenses / utilisations d’argent en trois types différents ; « dépenses obligatoires non adaptables », « dépenses obligatoires adaptables » et « dépenses facultatives ».

Chaque fois que la paye tombe, mes revenus sont répartis dans une trentaine de postes budgétaires classés dans les trois catégories ci-dessus. L’épargne, par exemple, est classée dans « dépenses facultatives ». Alors certes épargner ce n’est pas dépenser de l’argent, mais sur le papier cela m’évite d’alourdir ma feuille de calcul.

L’objectif final, une fois la trentaine de lignes remplies, est que le tableur affiche 0€ dans la case principale, à savoir la case « reste à dépenser ».

 

Je mets à disposition gratuitement un petit tableur très simple d’utilisation (revenus.xls) afin de gérer un budget basique. Le tableur est bien moins détaillé que celui que j’utilise personnellement et qui est évoqué ci-dessus, mais il devrait, en théorie, être largement suffisant pour la plupart.

 

3. Fuyez comme la peste les crédits à la consommation :

Consommer à crédit, c’est vivre avec de l’argent que l’on a pas, et donc clairement au dessus de ses moyens (cf. « 1. Ne viviez pas au dessus de vos moyens »). Le crédit peut être utile lorsqu’il s’agit d’effectuer un investissement qui rapportera plus que le montant des intérêts dont vous êtes redevable. Dans le cas contraire, ce crédit sera à pertes (pour vous)

Si j’estimeque le crédit à la consommation est à fuir, alors que devrais-je dire des crédits renouvelables ? Qu’ils sont pires que les crédits à la consommation ? Ce ne serait qu’un doux euphémisme. Également connu sous son ancienne appellation, le crédit revolving est probablement l’un des pires crédits qui puisse vous être proposé. Avec des taux variables oscillant globalement entre 10 et 20% d’intérêts à payer, il n’y a pas mieux pour se mettre en difficultés.

 

Un ménage doit être géré comme l’est une société. Il doit être solvable et être en mesure de faire à un certain nombre de difficultés passagères. C’est pour cette raison que les (grandes) entreprises, en accord avec leurs banques, disposent de « lignes de crédits ». Il s’agit pour elles d’une réserve d’argent qu’elles peuvent utiliser en cas de besoin.

En tant que particulier, le crédit renouvelable pourrait jouer ce rôle. Il pourrait s’agir d’une « ligne de crédit » personnelle mobilisable en tout dernier recours. Celle-ci serait une sorte « d’assurance » le temps de constituer une épargne de secours suffisamment grande.

C’est la seule utilité, de mon point de vue, du crédit renouvelable. Encore faut-il faire preuve d’une grande force d’esprit afin de pas dépenser cet argent disponible pour tout et n’importe quoi. Il s’agit là d’une « astuce » à manier avec de grandes précautions et une éducation financière et budgétaire déjà bien avancée.

 

4. Constituez-vous une épargne de secours :

L’épargne de secours est également un basique de l’éducation financière. Cette épargne se doit d’être immédiatement mobilisable en cas de besoin Elle a donc parfaitement sa place dans un Livret A ou dans un LDD. Elle doit au minimum couvrir trois à six mois de revenus.

Dans l’idéal il faudrait qu’elle puisse couvrir la totalité des dépenses « urgentes » du ménage (nécessité d’acheter une nouvelle voiture, électroménager qui tombe en panne, éventuellement des travaux d’importance dans le logement -si propriétaire-). Le montant de cette épargne dépends donc des besoins de chacun.

La chose certaine étant que l’épargne de secours est une nécessité.

 

Mes revenus sont limités. Néanmoins, une bonne organisation financière me permet de constituer petit à petit mon épargne de secours, tout en effectuant, en parallèle, des investissements. Sans investir il me serait plus rapide de constituer mon « matelas de sécurité ».

Celui-ci représentant aujourd’hui 40% de son allocation cible (cf. mon objectif), je m’autorise à étaler sa constitution un peu dans le temps afin de me constituer un petit patrimoine que serais en mesure de transférer à mes enfants le moment venu.

 

5. Ne vivez pas pour vous priver :

Mener une bonne gestion budgétaire nécessite beaucoup d’application. Pour autant, cela ne signifie pas « devoir se priver ». Faire des économies, des investissements, ne dispense donc pas de se faire plaisir lorsque vous en avez l’occasion. Il suffit de rester raisonnable.

 

En ce qui le concerne, chaque mois je garde une (très) petite somme d’argent dans mon budget « loisirs ». Je m’autorise à le dépenser comme bon me semble, y compris pour des choses qui n’ont pas nécessairement un grand intérêt.

 

Avec tout cela vous voilà dans de bonnes conditions et avec de bonnes premières bases d’education financière afin de mettre en place une gestion responsable et raisonnée de votre budget. Cela s’appliquant bien sûr quelque soit le niveau de vos revenus.

Vous avez également pu avoir un aperçu de mes propres façons de faire. Il est tout à fait possible de s’en inspirer, sans pour autant oublier que je suis déjà à un stade assez avancé dans ma gestion budgétaire. De plus, ce qui me convient à moi ne conviendra pas nécessairement à quelqu’un d’autre.

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