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Fév 19

Investir avec de faibles revenus ; une question de volonté le revenu ne fait pas tout

Non, il ne faut pas avoir des revenus de cadre supérieur pour investir ! Que l’on gagne 1000€ par mois ou 5000€, il faut surtout s’en donner les moyens.

En France, les prestations sociales permenttent, théoriquement, à ceux qui ont de (très) faible revenus de vivre le plus normalement possible. Il y a bien sûr des situations particulières qui font que cela ne suffit pas, j’en suis bien conscient. Dans ces cas là il est donc particulièrement difficile, pour ne pas dire impossible, d’investir.

Par contre je suis persuadé que très souvent ce qui fait défaut c’est la volonté. La volonté d’aller vers l’avant, de s’en sortir par soi-même. Si la société de consommation pousse toujours plus l’individu à être dans le « paraître » plutôt que dans « l’être » (avoir le dernier smartphone à la mode plutôt que d’assumer les deux ou trois ans de son ancien), cela ne doit pas être utilisé comme justification au fait de subir sans même esquisser la moindre réaction.

Prendre conscience de sa volonté d’investir (pour son avenir) est la première des choses à faire. De là découlera la suite.

 

Compter sur les autres pour avancer est une douce utopie

En effet, si la motivation, le déclic, peut être issu d’autrui et que des conseils sont toujours les bienvenus lorsqu’on débute (plus tard également), cela doit s’arrêter ici. C’est à chacun de se forger ses propres expériences, quitte à connaître, parfois, de petites déconvenues. De là naîtra l’expérience personnelle.

Franchir le pas est bien souvent le plus difficile, tellement il est facile de se complaire dans son quotidien. Se dire « je voudrais bien, mais je ne peux pas » et le meilleur moyen de ne rien faire et de ne jamais avancer. « Si je fumais un peu moins« . « Si je faisais un peu moins la « chouille »« . « Si je ne changerais pas de smartphone tous les six mois« . « Si je partais en vacances une semaine à 100km de chez moi plutôt que trois semaines sur la Côte d’Azur« . « Si j’arrêtais de faire des crédits à tout va pour vivre au dessus de mes moyens« …

Voilà qui rendrait possible beaucoup des choses jusqu’alors insoupçonnées. Et cela vient uniquement de soi, pas des autres.

 

Se lancer… enfin !

Les conseils pris, les idées bien en place et une bonne perception du rapport risque / gain, et je me sens fin prêt à devenir « investisseur ». Il faut bien comprendre qu’il n’y a rien de négatif / péjoratif à l’utilisation de ce terme. Bien au contraire.

Bien sûr, il faut être au fait du canal d’investissement choisi. L’approche ne sera pas la même selon que vous vous orienterez vers la pierre ou vers la bourse, sachant qu’il est tout à fait possible d’investir dans l’immobilier en passant par la bourse… Tout un programme qu’il faudra avoir bien pris soin d’organiser en amont. Sur ces deux problématiques (immobilier et bourse), je recommanderai le forum des Investisseurs Heureux, qui regorge de sujets et d’intervenants de grande qualité.

 

Assumer ses choix sans se reposer sur autrui.

Oui, en tant qu’investisseur il convient d’assumer ses choix. Suivre des conseils est une chose, les appliquer en est une autre. L’application est une étape personnelle. Ce qui convient à une personne ne sera pas nécessairement ce que recherche une autre. Une décision d’investissement est donc purement personnelle. Les gains comme les pertes ne sont dès lors plus que le résultat de choix effectué et assumés.

 

Toujours savoir se remettre en question et évoluer perpétuellement

En investissement il faut toujours être capable de se remettre en question. Un investissement peux être très porteur durant quelques temps, avant de perdre de sa superbe, parfois très rapidement. Ainsi, les performances passées ne présument en rien des performances futures (et ce quel que soit le type d’investissement).

En cas de marché haussier, investir sur des actions peut être une bonne solution (simple et efficace). En cas de marché stagnant ou modérément baissier, les bonus cappés (par exemple) peuvent permettre de (très) bien s’en sortir.

La principale difficulté étant bien évidemment de réussir à savoir quelle est la tendance actuelle du marché, et surtout si celles-ci peut encore perdurer.

Personnellement j’organise ma stratégie selon trois axes : les actions (63%), l’immobilier côté (19%) et les bonus cappés (18%).

 

Je n’ai que quelques centaines d’euros pour commencer, cela ne sert à rien de me lancer !

Quelle drôle d’idée… L’investissement n’est pas la chasse gardée des « hauts revenus » ou des « héritiers ». Bien heureusement. Aujourd’hui les courtiers en ligne permettent de passer des ordres de bourse de « petits montants » pour un euro par ordre.

Il n’y a donc aucune contrainte à se lancer même avec de petits revenus. Il convient néanmoins de se créer une petite épargne de sécurité, histoire de pouvoir faire face à des imprévus. Il convient également de ne pas investir de l’argent dont je pourrais avoir besoin à brève échéance.

 

Mon exemple personnel :

. Il y a cinq ans je n’avais plus rien (financièrement parlant)… ou à peine de quoi m’acheter une paire de chaussures pour attaquer un nouveau travail.

. À partir de là j’ai commencé à mettre de côté une grosse partie de mes salaires. Salaires qui n’ont jamais dépassé le SMIC. Le temps passant, j’ai ensuite organisé mon épargne. Je me suis fixé des objectifs et me suis donné les moyens d’y arriver (astuces décrites sur ce site). Mon épargne à commencé petit à petit à croître, et au bout d’un an et demi elle s’élevait à environ les 2/3 de mes revenus salariaux. À cette époque ma femme et moi touchions les APL. Plutôt que de dépenser à tort et à travers ce « supplément social » nous l’avons épargné. Nous habitions alors un minuscule studio chèrement loué pour ce que c’était. Nous vivions selon nos moyens et arrivions à épargner tous les mois.

. Aujourd’hui nous avons environ 2000€ de revenus mensuel avec deux salaires (deux temps partiels), allocation de base de la PAJE comprise, et un enfant en bas âge à charge. Nous n’avons aucune autre source de revenus. Nous payons donc plein pot notre loyer (nous ne sommes plus dans le « minuscule studio »), toutes nos charges, la mutuelle, les assurances, etc… Une gestion maîtrisée de nos finances nous permet malgré tout de mettre de côté chaque mois afin d’anticiper d’éventuelles dépenses imprévues.

. Depuis un peu plus d’une année je suis également en mesure d’investir de petites sommes en bourse. Les mois passant, mon petit portefeuille s’étoffe. Il est encore « minuscule »,  mais il ne faut pas vouloir aller plus vite que la musique. La patiente est une qualité nécessaire afin de ne pas se brûler les ailes. Je continue encore d’apprendre, de faire évoluer ma façon de faire, mais j’ai sauté le pas, et c’est bien là le plus important.

. Pour l’avenir j’ai un objectif minimal de rendement : 5% par an pour mes investissements boursiers*. À comparer aux 0,75% de rendement du livret A et du LDD sur lesquels est placée mon épargne de secours, c’est vraiment le jour et la nuit. Personnellement je suis plutôt orienté sur les sociétés versant des dividendes « intéressants » (4% à 8% par an) ainsi que sur les bonus cappés (7% à 10% par an). Les sommes avec lesquelles j’investis font que je ne serais jamais riche… mais d’ici quelques années j’espère bien pouvoir en retirer quelques centaines d’euros par mois, afin de pouvoir profiter de plus de temps libre pour ma famille et tout ce qui m’est important. Car c’est là que se situe la véritable richesse… avoir du temps à soi et l’organiser comme on le souhaite.

 

Je teminerais avec trois petites pensées décrivant parfaitement ma façon de vivre les choses :

. « L’argent n’est pas une richesse en soi. Il permet juste d’acquérir du temps ; la seule et unique richesse qui vaille dans une vie où ce même temps joue contre nous et fini toujours par l’emporter. »

. « Sacrifier du temps aujourd’hui pour en avoir plus demain comporte un réel danger ; qu’il n’y ai pas de lendemain. Là où le temps perdu l’est irrémédiablement, le temps glané n’est qu’éphémère. »

. Pour certains, le matérialisme à outrance n’est qu’une déclinaison du temps acquis. Pour d’autres, il s’agit de donner l’impression d’avoir du temps. Pour moi, ce n’est qu’une perte de temps. »

 

* Je parle essentiellement de bourse parce que c’est le véhicule d’investissement qui me correspond le mieux. Pour autant, libre à chacun de préférer l’immobilier ou autre chose.

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  1. Ne pas vivre au dessus de ses moyens - éco'tidien

    […] « Investir avec de faibles revenus ; une question de volonté […]

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